Lectures en cours

Alva & Irva, Edward Carey


Récemment finis et approuvés

 

Elliot du néant, David Calvo

Présentation

Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 11:05

Regards-croises-sur-le-Mexique 0827Quand je lis le mot Mexique je pense à Frida Khalo et à Leonora Carrington mais aussi au chocolat et à l'avocat...Et oui culture et cuisine encore...

Alors pour vous parler de l'exposition vue à la Fondation Cartier Bresson, j'ai puisé l'inspiration dans l'excellent blog Much More than sushi et j'ai réinterprété son tofucake avocat et chocolat.

 

Parlons d'abord de l'expo : je ne me suis pas assez précipitée pour que mes quelques lecteurs parisiens puissent la voir. Mais, lecteur d'ailleurs et surtout de plus au Nord ou lecteur bourlingueur, l'exposition sera visible du 13 mai au 2 septembre au Point du Jour à Cherbourg.

D'abord ce fut l'occasion pour moi de découvrir que la Fondation Cartier Bresson est un lieu fabuleux (puis-je m'installer à vie au dernier étage ?) et de plus accessible gratuitement le mercredi soir...Autant dire que désormais, je ne manquerai aucune de ses expos.

Je ne connaissais même Paul Strand de nom. J'ai trouvé ces clichés assez intéressants, forts symboliquement (notamment dans les photos de sujets religieux) mais un peu trop figés, surtout en comparaison avec la série mexicaine de Cartier-Bresson, ses scènes de vie saisies sur le vif.

Certaines photos sont très intrigantes notamment parce qu'elles intègrent des objets non identifiables ou parce que comme c'est le cas pour celle-ci, il y a un jeu sur les plans.

pop expophoto 1a

 

 

Henri Cartier-Bresson, Prostituée,

Calle Cuauhtemoctzin, Mexique, 1934


 

Quant à mon regard sur la recette du mélange soyeux chocolat-avocat, la voilà.

En fait, j'ai fusionné (oui la cuisine peut ressembler à des calques Photoshop) les deux couches supérieures et modifié le contenu de la base.

Et multiplié les proportions par 2, ce qui m'a permis de remplir 3 des moules photographiés et un petit plat.

 

 

Pour la base
130 g de mélange amandes+pistaches
70 g de bananes séchées
2 cc d'huile de noisettes
Pour la crème
2 avocats

Le jus d'un citron jaune
300g g de tofu soyeux
6 cs de sirop d'agave + 40 g. de rapadura (pour cause de manque de stock de sirop d'agave)

60 g de gré de cacao

10g de sucre natural mélange de sucre et de chocolat offert par une amie aussi généreuse que gourmande




Pour préparer le fond du gâteau, mixer dans le bol d'un robot, les bananes, les fruits secs et l'huile jusqu'à ce que le tout forme une pâte homogène.

Réserver au frigo pendant une bonne heure.

Pour la garniture, mixer les avocats préalablement épluchés et découpés en petits morceaux avec le tofu, le jus de citron et le sirop d'agave. Mixer longuement, de manière à obtenir une consistance bien crémeuse.
Puis rajouter le grué de cacao et le sucre parfumé au chocolat.

Si comme moi vous n'avez pas de moule au fond amovible, il faut monter le tofucake à l'envers.

D'abord la garniture puis le fond que vous prendrez soin de bien tasser.

Réserver au frais une nuit puis démouler.

 

Verdict de la dégustation. C'est à la fois très léger et gourmand. Ca peut paraître déroutant mais tous ceux qui ont goûté y compris un palais de 67 ans ont trouvé ça 

étonnamment très bon...

 

Regards-croises-sur-le-Mexique 0831

Par Nathalie R. - Publié dans : Eclats d'art - Communauté : Plaisirs Gourmands
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Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 00:10

Prince-denue 0804Elliot du Néant, formidable opus publié par les non moins formidables éditions La Volte, m'a offert deux expériences rares, voire une complètement inédite.

Au fur et à mesure que je nageais dans ce roman (réalisant ainsi symboliquement mon rêve de nager avec des tortues), je ne cessais de tourner et retourner dans mon esprit les motifs que je tisserai ici. Et ils s'imposaient selon l'expression trouvée p. 201 comme « une farandole de superlatifs ».

Déjà par le passé, David Calvo m'avait enthousiasmée, séduite, ne mâchons pas nos mots, subjuguée. Mais là comment dire ? Eh bien j'emprunterai aux enfants cette formule incorrecte, si juste pourtant. Ce roman est « le plus mieux » que David Calvo ait jamais écrit, à mon goût bien sûr.

J'ai réussi à en faire un résumé pour ma chronique à paraître dans le Français dans le monde.
Mais ayant plus de place ici, je reprendrai la 4e de couv' :

« Islande, 1986. Un hiver sans soleil. Une île au bord de l'implosion volcanique. Un monde sans Internet, sans téléphones portables, à l'aube d'une nouvelle ère digitale.
Dans une petite école d'Hafnafjordur, entre une falaise arpentée par les fées et un champ de lave hanté par le passé, se noue un drame cosmique aux fantastiques implications. Où est passé Elliot, le très vieux concierge muet et autiste, à la veille d'une dernière kermesse ? Comment a-t-il réussi à quitter une chambre sans fenêtres, fermée de l'intérieur ? Bracken, le professeur de dessin parti à sa recherche, va mettre au jour un impossible secret, écho des plus vieux mythes islandais, où absurde, poésie et terreur se confondent dans le mystère d'un dangereux cache-cache. »
 
J'ai lu ce texte presque en apnée, ne cessant d'y trouver des échos à des émotions profondes, des expériences intimes.
J'y ai lu la difficulté de grandir, de renoncer à cette période où, selon le mot de Peter Pan, même «Mourir va être une sacrée aventure » (d'ailleurs p.  176, il éprouve des frissons nouveaux et "tout devint aventure". Cette envie de ne pas quitter cet âge d'or pendant lequel « tout est encore possible, on n'a pas compris la finitude du corps. » s'accompagne d'une observation tendre des enfants, ceux en qui « la féérie s'incarne tous les jours ».
Pour ne pas quitter cette enfance, Bracken a trouvé « un endroit où il s'enferme pour être jeune à jamais » mais il souligne aussi la vanité de ce refuge :
« Si Elliot est le vieil homme que je me refuse à devenir, lui courir après c'est rester toute sa vie un enfant à la poursuite d'une lubie. »
.
Si l'on protège une part d'enfance, elle nous garantit un accès à des savoirs perdus dans le cas contraire
« L'enfant en moi a toujours su qu'il existait quelque part un lieu où les poètes allaient puiser leur inspiration visitant l'île des morts. »
Mais c'est aussi l'enfance du monde avec laquelle Bracken souhaite renouer, retrouver « la pensée archaïque, loin de l'arrogance raisonneuse »
Cette innocence primitive se confond avec un horizon d' « éternité, la conscience simple d'un monde sans choix où toutes les décisions sont prises ensemble. Le mot et le dessin jaillissent d'un même élan. »

Le côté Peter Pan a forcément joué dans mon sentiment de proximité voire de communion.
Mais Lewis Carroll n'est pas très loin non plus avec ce morse qui nourrit l'âme de la mer (l'amer ?) et abreuve Bracken de ses conseils de sage blasé :
« Laisse sécher tes rêves, laisse-nous ramer »
« Contentez-vous de ce que vous avez, on vit mieux ainsi croyez-moi »

J'ai croisé aussi une référence à un autre univers qui a beaucoup compté dans la construction de mon imaginaire, à savoir Philémon de Fred.
« Comme si nous devions marcher sur les lettres des pays figurant sur une carte. »

L'ombre des surréalistes plane aussi sur le récit, Breton en quête de son point sublime aurait sans doute apprécié de croiser "l'ombre qui ôte la différence et qui résout les paradoxes en les repliant ou cet "état de grâce où tout est possible, où toutes les contradictions se résolvent dans la joie de l'imaginaire."

Le héros ne cesse de se questionner, et rentre là en résonance avec le Zhuāngzǐ
« Ou bien est-ce moi la tortue dans le sac plastique ?
Suis je prisonnier d'un monde que rejette ma raison ?
Comment savoir si ce qui s'expérimente à l'instant n'est pas le fruit d'un sommeil profond ?
Peut-être y suis-je toujours à chercher des réponses aux questions que nous ici avons renoncé à nous poser... »

Il se projette dans des destins possibles
« Je serai devenu comme les autres un rêveur l'esprit encombré de ses souvenirs fragmentés » ou encore
« M'établir en archéologue de château de sable »

Il revisite aussi l'absurde, sentiment qu'il assimile au quotidien des vieux.
« L'enfer est un point de vue. L'enfer est peut-être bleu »


Point de misérabilisme cependant.
L'absurde flirte souvent avec le comique (et le cosmique aussi).
« Si seulement elles [les tortues] pouvaient parler ». Or, elles sont douées de plus de paroles que de mémoire mais les autres personnages ne les entendent pas...

Il épingle les dérives de notre époque :
La vanité de notre existence, toujours à vouloir échanger  une valeur contre une autre.
« Nous bradons le monde pour avoir le choix. La vie est un jeu à somme nulle. »
 
Revenu du Néant, il tire des enseignements de cette initiation

« J'ai appris que certaines choses quand elles nous donnent la paix doivent rester confinées dans cette zone étrange entre la certitude et l'impossible où semble somnoler toute la menace d'un mythe.
L'entre deux est toujours un moment passé ms aucun être humain qui éprouve du désir ou de l'attachement ne peut y demeurer éternellement. »

Transfiguré par son expérience il veut réenchanter le monde et ses déclarations d'intention me convainquent plus que n'importe quel programme électoral actuellement disponible sur le marché français !

« Revoir enfin le merveilleux envahir le monde, le transformer »
« Je voudrais que le monde redevienne comme il était quand nos cerveaux étaient câblés pour admettre le merveilleux ».
« Restituer à tous la capacité de rêver, perdue faute de la bonne connexion. »

Il célèbre aussi l'approche ludique de la vie et se prononce en faveur de la vérité plutôt que de l'esthétisme.
« ([Elliot] était un joueur de la plus belle espèce, dont le moindre geste était un acte ludique. Et moi je peux réussir. Je ne cherche pas le beau, je cherche le vrai.
Toute entrée dans le néant se fait par le jeu. Y demeurer par contre, ça demande du SENS. »

J'ai déjà offert ce livre 5 fois et je risque de récidiver.

Un beau voyage en Islande, « un pays bâti sur une double foi », déchiré entre 2 continents où « tout est frontière, passage de l'un à l'autre, tension de l'entre-deux ».
Un voyage à prolonger à musique avec une fée islandaise un peu éclipsée par Bjork
http://www.youtube.com/watch?v=G0LrD5BgK48&feature=relmfu
http://www.youtube.com/watch?v=3kPxDBVjTUQ&feature=related

Le Drageoir retournera d'ailleurs très prochainement en Islande sur les traces de Didda Jonsdottir
Jonsdottir découverte dans le film Back Soon.

Et puisqu'on est dans la musique un morceau découvert grâce à Annabelle et qui fait écho à cette injonction de la p. 101 "Voilà la clé, il faut trouver un moyen de construire un pont"
http://www.youtube.com/watch?v=D5vDhbr5i6k


Je vous parlais d'une expérience inédite. Ce fut d'abord de trouver dans le corps du texte une référence à une alliance de saveurs que j'ai voulu recréer
« J'étale une confiture noire sur 1 pain bis.
Quand je l'avale la mélasse a un arrière goût de sel, de poivre, d'algues et de bonbon ».


Le façonnage en tortues s'est imposé.

Mais le côté le plus inédit et le plus exaltant de cette aventure, c'est que David Calvo himself a goûté à ces
 tortues.
Ca avait un côté école des fans : dans la file pour la dédicace, nous étions 3 à lui avoir amené de la tortue à déguster. Une grosse en chocolat, un banc, un troupeau (comment dit-on d'ailleurs pour les tortues ?) de petites tortues en chocolat... et mes testudines à la spiruline.
Et en les goûtant, il m'a dit que le goût était proche de ce qu'il avait en tête, qu'il avait juste imaginé une consistance plus visqueuse.
Merci à RMD qui a immortalisé l'auteur et sa petite ménagerie à croquer !


Et j'ai trouvé dans ce livre un remerciement que j'aurais aimé avoir écrit moi-même pour tous ceux qui m'ont aidée à revenir de mon propre néant.
« Amis, vous m'avez donné la force de me prendre en main, de ne plus épiloguer sur les ténèbres qui chaque jour prennent mon cœur, noient mon âme.
Vous m'avez donné la certitude de tenir debout, seule, poussée en avant par ce thorax de lumière. »
Laetitia, Valérie, Emmanuelle, Sandra, Ketty, Pierre, Ludo, Emilie, Annabelle, Diane-Olga, Karen, Aurélie, Elsa, Julie, Florence, Nicolas, Joël et Peter, ces mots sont pour vous.

Recette des  testudines à la spiruline
(fortement inspirée par une recette partagée par Emilie et issue de 'La spiruline, saveurs et vertus' de Belda Sisso)

200g de farine T80 ou complète
1 dl d’huile d’olive
1 dl d’eau
25g d'algues séchées
25 g de réglisse salée concassée en petits morceaux
15g de spiruline
1 cuillère à café rase de sel

- Mélangez la farine, la spiruline, les algues, la réglisse et le sel
- Faites une fontaine et versez-y l’huile d’olive et les deux tiers de l’eau
- Pétrissez le tout à la main jusqu’à ce que la pâte ne colle plus aux doigts. Si elle est encore dure, ajoutez peu à peu le reste de l’eau
- Laissez reposer pendant que vous préchauffez le four (thermostat 4 ou 180°)
- Séparez la pâte puis la façonnez dans la forme choisie.
- Déposez sur une tôle huilée et légèrement farinée
- Faites cuire pendant 20 min. Déposez dans un linge, couvrez

Ces petits pains se dégustent chauds mais peuvent se conserver 2-3 jours.

 

 

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David et un troupeau de tortues

Par Nathalie R. - Publié dans : Ivresse livresque - Communauté : je fee,tu fee; il fee,,,
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Mercredi 11 avril 2012 3 11 /04 /Avr /2012 23:57

 

Muffin-eternel-printemps 0527Décembre 2011 a commencé sous le soleil éclatant de Lanzarote. Cette ile dont Houellebecq a vanté les mérites appartient à l'archipel des Canaries composé de 7 îles et surnommé les îles de l'éternel printemps.

Lors du séjour, à l'émerveillement face aux paysages volcaniques et au plaisir des baignades quotidiennes dans un Atlantique aussi pacifique que la Méditerrannée s'est ajouté le plaisir de découvrir de nouvelles saveurs, et tout particulièrement lors du festival de gastronomie qui se tenait à Téguise, ancienne capitale de Lanzarote.

 

Aussi quand j'ai vu le sujet du Muffin Monday qui en est déjà à sa 30e édition, je me suis dit que c'était le moment où jamais pour refaire des mojos, sauces typiques des Canaries et de mélanger dans un muffin la version rouge et la version verte.

 

muffin-monday-30-logo

 

Pour embarquer vers les Canaries, suivez le guide.

 

J'ai repris la recette du mojo verde donnée sur ce site

 

 

 

http://www.webtenerifefr.com/tout-sur-tenerife/gastronomie/cuisine-traditionnelle/recetas/mojo+verde.htm

 

 

Et la recette du rouge donnée ici

http://www.marmiton.org/recettes/recette_mojo-rouge-et-vert-sauces-aux-poivrons-des-iles-canaries_70750.aspx

 

Faute de coriandre fraîche en nombre, j'ai fait à peu près 50g de vert et 150 g de rouge.

L'idéal serait d'avoir une quantité égale.

 

Pour les muffins

 

Pâte sèche

Mélanger 100g de farine, 50g de Maizena et un sachet de levure

 

Pâte humide

3 oeufs

100 g de chèvre

 

Diviser la pâte humide en 2 récipients.

Dans l'un rajouter le mojo verde, dans l'autre le rouge.

Puis mélanger grossièrement le mélange rouge avec la moitié de la pâte sèche, et le mélange vert avec l'autre moitié.

 

Verser dans les moules à muffins en alternant les couleurs.

Faire cuire 20 à 25 minutes à 180°C.

Muffin-eternel-printemps 0529

 

A déguster en regardant ces photos.

 

Muffin-eternel-printemps 0186

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Muffin-eternel-printemps 0197

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Par Nathalie R. - Publié dans : Escapades gourmandes - Communauté : Plaisirs Gourmands
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Lundi 9 avril 2012 1 09 /04 /Avr /2012 18:33

D'après le calendrier, l'hiver n'est plus là. Mais après des prémicesBourdaloue-canaille 0287 d'été pendant le mois des giboulées, avril n'incite guère à se découvrir d'un fil.

Une fois n'est pas coutume : un peu d'auto-promo, j'ai co-rédigé avec la charmante et talentueuse Julie en octobre un guide intitulé Aimer Paris en hiver.
Il contient entre autres des recettes réconfortantes, et pour la plupart typiquement parisiennes.
Parmi elles, page 62, la recette de la Tarte Bourdaloue que je n'avais encore jamais réalisée.
Je l'ai réinterprétée en faisant au préalable pocher les poires dans ce qui est un des grands plaisirs de l'hiver : le vin chaud, bien épicé. C'était mon 2e dessert du mois impliquant des poires au vin. Et comme je vous ai avertis ici, ce ne sera pas le dernier !

 

 

 


J'ai suivi cette recette en changeant juste le sirop de pochage

 

http://chefsimon.com/tarte-bourdaloue.html

J'ai laissé les poires pocher une vingtaine de minutes dans ce mélange :

50 g de cassonade

30 cl de vin rouge

2 piments de Jamaïque, un bâton de cannelle, 1 cm de gingembre frais râpé, 2 clous de girofle

 

J'en profite pour remercier ici tous ceux qui ont acheté le guide, dans un ordre aléatoire, Valérie, Laetitia, Ketty, Sylvain, Peter, Annabelle, Rodolphe, Fabrice...

Cette tarte est encore meilleure quand on est entouré comme ce fut notre cas d'ami(es).

Pour encore plus d'idées gourmandes dans un guide, rendez-vous dans quelques semaines pour le guide Manger bon et sain à Paris, toujours aux éditions Viatao.

Bourdaloue-canaille 0289

Par Nathalie R. - Publié dans : Ivresse livresque - Communauté : Plaisirs Gourmands
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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 08:45

 

 

Pas-de-bras-pas-de-chocolat 0319Michel Bras, fils d'aubergistes, a décroché 3 étoiles pour un restaurant perdu au milieu de nulle part sur le plateau de l'Aubrac.

Exploit intriguant qui méritait bien un film,c'est chose faite avec l'excellent documentaire « Entre les bras ».

 

Un des fils conducteurs du film est la filiation, la transmission. Sébastien essaie de créer un dessert gastronomique en évoquant le souvenir des tartines que lui préparait sa grand-mère. Cette dernière, adorable, insiste d'ailleurs

pour que Sébastien transmette le virus à son propre fils. Mais bien sûr la filiation la plus filmée est celle entre père et fils. Michel a du mal à passer le relais et il ne fait aucun cadeau à son fils, s'inquiète de ses variations,scrute anxieusement ses créations.

 

Les images sont d'une gourmandise, d'une sensualité extrême. Paul Lacoste a su capter l'onctuosité, suggérer la subtilité, transmettre le croustillant, le liant. Comme il a su si joliment rythmer son film avec les saisons dans un prolongement de la relation harmonieuse entre les Bras et la nature, le réalisateur a alterné les moments de concentration et de création, les scènes professionnelles et les instants d'émotion, d'intimité, de fête ou de détente.

Quelle surprise mêlée de plaisir contagieux de découvrir sur grand écran Gagnaire et Rollinger s'amuser partager la liesse des participants de la fête des vendanges.

 

Ce fut aussi une belle surprise de découvrir la séquence filmée lors de Haute Cuisine, événement rapprochant à juste titre la cuisine et la haute-couture, événement dont j'avais raté non sans déception la 1re édition. Et j'ai donc

décidé de m'inspirer entre autres de ce « rattrapage ».

 

On ressort de ce film alléché, désireux de goûter, de contempler, de cuisiner, de partager. Je ne pouvais pas ignorer une telle source d'inspiration et ,en la mêlant à plein d'autres influences, et notamment la recherche chromatique pratiquée par Alain Passard, j'ai imaginé une poire pochée avec sa peau d'oignon et de lait, lointaine cousine des plats mis au point par les Bras père et fils.

 

On prépare les différents éléments

 

Oignons caramélisés (recette inspirée par le livre Annabel au naturel, gagné sur le blog de l'incontournable Dorian)

 

 

3 oignons rouges

4 c à soupe de mélasse de grenade (ingrédient découvert grâce à l'excellent blog Beau à la louche)

 2 c. à soupe de vinaigre balsamique

40 g. de cassonade

20 cl. d'eau

 

Faire confire les oignons à feu doux pendant 45mn.

 

Poires pochées (depuis que, grâce à Ketty, j'en ai regoûté une dans l'excellent resto Rossi and co, j'en fais régulièrement)

4 poires

Pochées 1H à feu doux dans un sirop constitué du mélange suivant

50 g de cassonade

30 cl de vin rouge

2 piments de Jamaïque, un bâton de cannelle, 1 cm de gingembre frais râpé, 2 clous de girofle

 

 

Quelques cuillerées de Riz rouge de Camargue au lait*

Longue lamelle de peau de lait prélevée pendant la cuisson du dit riz et "séchée" soit à four doux soit à l'air libre

*(Comme vous êtes sages, je vous donnerai vite une délicieuse recette pour écouler le reste)

 

Pour évoquer le sucre d'une autre façon, j'ai rajouté des minuscules morceaux de betterave cuite en croûte de sel que j'ai refait mijoter dans le sirop des poires.

Et puis, pour explorer encore plus la gamme des violets naturels (hommage à Alain Passard), j'avais fait confire avec les oignons quelques feuilles de chou rouge, que j'ai ensuite refait mijoter dans le sirop des poires.

J'ai aussi trempé dans ce sirop des poires un peu de la peau de lait

 

 

Assemblage

Otez le plus possible le coeur d'un oignon confit de façon à ce qu'il ne reste qu'une ou 2 épaisseurs en conservant l'enveloppe la plus intacte possible.

Retaillez l'une des poires pochées pour qu'elle rentre dans cette peau d'oignon.

Disposez sur la lamelle de peau de lait les morceaux de betterave et de chou rouge.

Faire des petites quenelles de riz au lait.

 

Alors pour être tout à fait honnête, c'était quand même un peu étrange, pas mauvais mais déconcertant.

Et je devrais suivre l'exemple de Sébastien Bras qui, cent fois sur le piano, remet son ouvrage. Mais je n'ai ni son talent ni sa patience.

J'arrête donc là l'expérimentation avec ces ingrédients mais me suis bien amusée à croiser ainsi les influences. A présent, je retourne me croiser les Bras;-)

 

Pas-de-bras-pas-de-chocolat 0325

Par Nathalie R. - Publié dans : Projections gourmandes - Communauté : Plaisirs Gourmands
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